La petite fille à roulettes

J’ai 5 ans. Je ne marche pas.

Trop grande pour continuer à rouler dans une poussette. Si petite pour être dans un fauteuil roulant.

Passer d’un véhicule à l’autre peut sembler banal. Ce n’est que troquer quatre roues pour quatre roues.

Aux yeux d’une maman, cela représente bien plus. Le regard que poseront les autres sur sa princesse ne sera plus le même. Désormais, ils vont savoir que la petite est différente.

De nous deux, c’est la première qui a dû apprendre à se dépasser et à foncer, la tête haute, tout sourire. C’est elle qui répondait aux nombreuses questions des curieux. D’un coup, à cause de quatre nouvelles roulettes, les projecteurs se sont tournés sur elle, sur moi, sur nous, malgré nous.

Dans la tête de l’enfant que j’étais, tout était tellement plus simple : « Allez, maman, roule! Plus vite! Encore plus vite! »

jeep

On me raconta que rapidement, mon fauteuil roulant me parut plutôt ennuyant. Est alors entré en scène mon père qui prit les choses en main et dénicha… cette bagnole. C’est ainsi que je suis devenue la star du quartier!

© Photo à la une : Hoby Ratsimbazafy

10 réflexions sur “La petite fille à roulettes

  1. Audrey dit :

    Merci de nous partager ce beau texte touchant. Les mots sont bien choisis pour livrer leur message et on saisit bien l’effet différent que ce changement a eu sur l’enfant et sur les parents. Bravo Caro!

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  2. Céline dit :

    Merci d’avoir pris le temps de nous, c’est-à-dire moi et les autres petites abeilles qui font ce travail et qui partagent effectivement le quotidien de personnes soit âgées soit avec un handicap quelconque. Ca fait plaisir de voir que quelqu’un a choisi d’écrire pour le dire comparativement à ceux qui ne prennent même pas la peine de dire merci ou qui nous considère tout simplement à leur service, comme si tout leur était dù.

    Merci encore!

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  3. Stéphanie Lapointe dit :

    Le JE… si facile à oublier, on passe parfois à côté pour notre travail, nos amis, nos amours; on oublie le soi pour ce que les autres attendent de nous. Je l’ai mis souvent de côté le JE, toujours un peu en attente de ce que la vie pouvait me réserver, toujours en attente de ce qu’il y aurait de mieux. JE voulais l’amour, le travail, les amis et les enfants.

    J’ai mon mari que j’aime, ce n’est vraiment pas toujours évident, mais on doit tenter de rester une équipe. J’ai des bons parents, j’ai un bon travail, j’ai certains vrais amis et j’ai mes trois petits amours, alors pourquoi je partage ici…

    Oui JE=ON est dans ma vie, le ON fait partie de chacune de mes journées et parfois le JE, quand j’y pense, quand j’ai le temps ou encore de l’énergie. Mon monde tourne autour de mes trois enfants. Mon plus grand est âgé de 11 ans, il est du type anxieux, difficulté à dormir, peur de l’échec et du jugement des autres, etc. Assez « normal » aujourd’hui me direz-vous, mais pas évident pour autant. J’ai également des jumeaux de 8 ans bientôt 9. Ma fille, cette magnifique petite « princesse », est TDAH avec un trouble d’opposition. Comment l’expliquer? C’est vivre avec une crise d’adolescence en permanence. Il y a l’impolitesse, la provocation, l’obstination et j’en passe. En fait je marche sur des oeufs à longueur de journée, chaque phrase doit être bien réfléchie et je dois apprendre à contrôler mes réactions. Ensuite, il y a mon dernier amour, son jumeau, qui lui est TSA, d’autres lettres misent ensembles pour signifier un autre trouble. Mon fils est diagnostiqué pour un Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA). Je ne vous donnerai pas d’explication sur ce trouble, j’apprends moi-même à le connaître et j’ai encore de la difficulté à le partager… divulguer… à le vivre?!

    D’ailleurs, j’apprends à démystifier chacun de ces troubles aux diminutifs remplis de lettres qui ne voulaient pratiquement rien dire pour moi avant la dernière année. TDA, TDAH, TOP, TSA… des lettres qui font maintenant partie de mon quotidien. J’apprends à connaître ces termes par la lecture, par des émissions, par des conversations et par des rencontres. TS, TES, psy, psychiatre, médecins, etc. J’apprends à concilier mon travail et ma vie de famille « particulière ».

    JE… JE suis une maman avec des enfants différents, Je suis ON et je ne changerais aucun d’eux, et ce, même si le JE est souvent oublié voire négligé.

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